Communiqué du SNUipp-FSU, SNES-FSU et SNEP-FSU

Dans le cadre de la réflexion sur l’avenir de l’enseignement français à l’étranger, engagée par la Ministre des Français établis hors de France avec l’ensemble des acteurs de la communauté éducative à l’étranger, le SNUipp-FSU, le SNES-FSU et le SNEP-FSU tiennent à faire part de leurs vives préoccupations quant aux perspectives d’évolution d’un réseau qui scolarise aujourd’hui plus de 300 000 élèves français et étrangers à travers le monde.
En effet, les pistes de réflexion abordées au cours de cette consultation obéissent uniquement à une volonté d’accentuer la politique de privatisation et d’autofinancement du réseau d’enseignement français à l’étranger initiée par le gouvernement précédent. Le gouvernement actuel semble ne pas vouloir infléchir la politique antérieure puisqu’il refuse d’abandonner le verrouillage budgétaire de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger et le gel de sa dotation en postes d’enseignants.
L’exercice proposé se cantonne à rechercher des solutions alternatives à l’offre d’enseignement homologué et au financement public du réseau afin de faire face à une demande croissante de scolarisation d’enfants français, plutôt que de donner à l’opérateur public les moyens d’assurer ses missions. Pour les organisations syndicales ci-dessus mentionnées, ce choix économique ne se justifie pas, le coût de la scolarisation d’un enfant français à l’étranger demeurant moins élevé qu’en France.
Cette logique marchande, tout en menaçant gravement la pérennité du modèle français d’éducation à l’étranger, conduit à la hausse exponentielle des frais de scolarité, à l’exclusion d’élèves français des établissements du réseau et à la précarisation et à la baisse du pouvoir d’achat des personnels en poste : 600 enseignants titulaires sont toujours en attente de détachement, la situation des recrutés locaux non titulaires se dégrade et l’accès à la titularisation s’avère, pour eux, pratiquement impossible. Cette politique d’autofinancement rend conflictuelle toute demande d’augmentation de l’indemnité des personnels résidents ou de revalorisation salariale des recrutés locaux.

Pour le SNUipp-FSU, le SNES-FSU et le SNEP-FSU :

  • la qualité de l’enseignement français à l’étranger repose avant tout sur un encadrement suffisant en enseignants titulaires détachés et correctement rémunérés, à travers une Indemnité spécifique de vie locale des enseignants résidents justement revalorisée ;
  • la qualité de l’enseignement français à l’étranger repose sur la sécurité de l’emploi et des conditions salariales décentes pour les personnels recrutés localement ;
  • il appartient à l’Etat de financer l’extension du réseau d’établissements français hors de nos frontières : l’Etat doit desserrer l’étau budgétaire de l’opérateur public, déjà étranglé par les charges immobilières et la part patronale des pensions civiles des détachés. Le Ministère de l’éducation nationale doit intervenir dans le financement et la dotation en postes du réseau afin de permettre à l’AEFE de payer ses fonctionnaires et d’assurer ses missions de service public d’éducation à l’étranger.

La tutelle et la direction de l’AEFE doivent entendre les revendications des personnels et porteront la responsabilité d’éventuelles situations conflictuelles. Dans le cadre de cette concertation, il est impératif de recentrer la place et le rôle de l’opérateur public au cœur des débats afin de répondre à l’engagement présidentiel : priorité à l’Education, à l’étranger aussi !